lundi 28 juillet 2014

DES NOUVELLES DE NOS ABEILLES NOIRES


Des nouvelles d'Ici

Vue d'ici ... à droite de la "Dame Allongée", par beau temps, il y a la mer...

Petits moments de stress

On en a fini avec les petites frayeurs du lancement:

- la livraison et le transfert de chaque essaim dans sa ruche définitive;
- la période de l'essaimage: bon signe, aucun essaim n'est reparti dans la nature;
- la pose d’un rucheton complémentaire ( appelé numéro III ) pour permettre à chaque essaim de se développer plus encore;
- la pose des grilles à propolis sous les toits, pour une récolte de propolis probable fin août;
- et enfin les "surprises météo".

Gros gros orages

Oui nous avons bénéficié de  plusieurs orages, avec parfois un peu de grêle. 
Ces orages peuvent écourter des floraisons et la durée des "miellées", équivalent de la ruée vers l'or pour les abeilles. Ce fût le cas pour les châtaigniers un peu mis à mal.
Pour les eaux de pluie, heureusement on avait anticipé en créant différents niveaux, sur-élevé légèrement les plateaux des ruches, et prévu de petits ruisseaux de circulation. 
Ca fonctionne bien, même sous les « seaux d’eau », et nécessite un peu d’entretien.
Enfin, les ruches ont tenu fièrement par fortes rafales de vents (pas de décollage!), 
le terrain est assez protégé et la propolis colle à merveille les ruchetons les uns aux autres. 
On pourra améliorer par des haies coupe-vents. Et il faut maintenant prévoir des arrimages plus sérieux pour les ruches qui montent sur 4 ou 5 étages.



Sur la planche d'envol ...

Ouf ...

Aujourd’hui,
c'est plus serein...
On souffle un peu en observant l’avancée des constructions de cire, les récoltes quotidiennes de pollen et miel.

Après ces deux premiers mois de ruchers…

… on est plutôt satisfait du choix de l'emplacement:
Non, on ne s'est pas "planté" ! 
On avait pensé choisir pour le rucher cette dernière faïsse (terrain en étage avec murs de soutien) en contrebas des jardins, une petite châtaigneraie un peu embroussaillée certes…
La « bonne exposition »
Les ruches ne sont pas orientée à l’Est comme le préconisent souvent les manuels (mais Sud/Ouest), on avait lu ailleurs que cela importait peu en fait.

 Effectivement cela n’empêche pas les abeilles de se lever bien avant le soleil, et de rentrer au crépuscule, lorsqu’elles l’ont décidé. 
Il leur arrive même de barruler (« vadrouiller ») les jours de météo au rabais : entre deux averses, sous une pluie fine, par grand vent… 
Les ruches sont à l'abri des vents dominants, à l'ombre pour les fortes chaleurs. 
Les abeilles ont l'eau de la source des jardins à quelques dizaines de mètres et boivent même sur le goutte à goutte de l'irrigation!

Pour le mi-ombre- mi-soleil, le compromis est intéressant. On a ainsi pû rajouter un chapeau style « paillote » sur une ruche qui échappait à l’ombre d’un gros châtaignier élagué. Résultat flagrant: il a libéré des abeilles qui étaient chargées de ventiler la ruche en plein soleil.




Un Rucher tout près de la maison, quel luxe!

La proximité des ruches permet de les suivre au mieux.
La ruche Warré étant constitué de petits casiers de faible volume, il faut les rajouter au fur et à mesure des besoins des abeilles.
J’essaye de leur rendre visite tous les jours, voir à différent moment de la journée, au pire à 2 jours d'écart.
Résultat, ç'est rassurant pour l'aprenticulteur et ça permet d'observer régulièrement, de mémoriser l'atmosphère du rucher, d'apprendre à décrypter peu à peu leurs habitudes, les changements significatifs, de comparer les ruches,
tout en profitant de l'atmosphère très "zen" du rucher au milieu des châtaigniers.

… on est plutôt satisfait de nos ruches Warré toutes vitrées sur l'arrière
On peut ouvrir le petit volet de chaque rucheton ou casier indépendamment, sans déranger les abeilles, ni faire chuter la température interne de la ruche.
Au début c’est très tentant d’aller jeter un oeil « pour voir dedans »… On peut suivre toutes les activités des abeilles: la construction des cires, ou brèches, voir les abeilles stocker le pollen, le miel, construire les cellules royales...etc.
C'est ludique et aussi précieux à l’apprenticulteur pour comprendre l'avancement ou les difficultés de l'essaim.
Ces infos viennent compléter la lecture de la « planche d’envol », observations précieuses par l'extérieur de la ruche.


Travaux du Jour , la pose du rucheton N° IV

C'était avec Alexia, l'activité aménagement d'un étage complémentaire pour des essaims plus dynamiques.
On rajoute un rucheton, ou casier, glissé par en dessous, peu de trouble pour les abeilles .
Il nous faut donc soulever l'ensemble des trois casiers ( 1 vide + 2 "pleins").
Et ça commence à faire pas mal de poids et de volumes empilés, rendus bien solidaires par des joints de propolis !

Sur 2 ruchetons avec un toit (métal) et un plancher (bleu)
Les plus travailleuses sont développées sur 3 ruchetons bâtis , ou en cours de finition.

Voici donc à ce jour, la disposition classique d’un essaim, on trouve en partant du haut vers le bas:

- Le toit, puis,
niveau 1, une réserve de miel (future récolte)
niveau 2, la grappe d'abeilles sur des brèches bâties contenant des oeufs (couvain), du pollen, et un peu de miel
niveau 3, idem, en cours de construction
niveau 4, un rucheton vide, simple hall d'entrée, vide sanitaire, posé sur
le plancher.

Des essaims en queue de peloton

Reines mal fécondées...
On a 2 ou 3 ruches à l'arrêt, avec très peu de ponte, sans doute avec des reines "mal fécondées". 
C'est un peu délicat à évaluer, on espérait une reprise de ponte, en vain. Je vais devoir "bidouiller un peu technique": remettre du couvain de moins de 3 jours pour permettre aux abeilles de repartir sur une nouvelle reine (flinguer l'ancienne ... ou les laisser se débrouiller aux duels  « that is the … »

Plus lentes ...

On a 5, 6 colonies d'abeilles un peu "à la bourre", peu dynamiques, manque d'abeilles, les constructions avancent lentement ou peu... On espérait un coup de starter lié à la floraison du châtaignier il y a 15 jours. Puis les orages sont venus et la floraison a été plus courte. Certains n’hésiteraient pas à « nourrir » les essaims par un apport, sucre ou miel qui incite les reines à pondre plus. 
Mais ce geste peut semble-t-il modifier fondamentalement le comportement naturel de l’abeille (induire un côté « bétail en stabulation ») , au lieu d’obliger l’essaim à se fortifier vers plus d’autonomie... 


une ruche parrainée par Un Toit pour les Abeilles


Alors ... "Combien" ?


Et oui, c'est la question qui brûle les lèvres,
la question que nous, vous et tous celles et ceux qui ont parrainé une ruche se posent: 
combien de petits pots de miel ?
combien de kilos ?

... et dans combien de jours ?

Suspens. 
On vous tient au courant... courage!


Oh la belle Abeille Noire en Cévennes ... 



samedi 21 juin 2014

Transférer les Abeilles




Etape 2 

Transférer les Abeilles 

mai 2014

On résume: 

Nous avons reçu les essaims sur 5 cadres avec leurs abeilles dans une ruche Langstroth.

Le but du jeu est de les installer à présent dans la Ruche Warré, sans ces cadres.

Sur les conseils du rucher conservatoire, on a opté pour la méthode du "découpage".

C'est un peu "abrupt" mais ça permet à l'essaim de repartir au plus vite en lui restituant au mieux tout le travail accompli par les abeilles: couvain, pollen, miel...

Au début c'est un peu impressionnant, mais au bout de 20 ruches, c'est plus facile !...

Aujourd'hui, c'est chose faite !


C'est parti !...

1- Ouverture de la ruchette Langstroth

Enfumage léger du trou de vol, puis sous le toit, 
puis ouverture de la ruchette.


Un peu de panique, on prélève un premier cadre.
Deux possibilités: soit l'essaim est "cool", soit des abeilles viennent défendre la cité...de façon plus ou moins piquante.

Les abeilles qui sont  sur le cadre sont vaporisées, puis balayées (avec un petit balai de genêt vert) et réservées dans un grand bac hermétique (mais pas trop!).


2 - Découpage et baguettes de bois


L'atelier est installé à distance des ruches, pour réduire le pillage. 
En effet, tout ce joli monde est rapidement attiré par l'odeur du miel.
 ( J'ai même dû changer de lieu au fil des jours pour être plus tranquille car la table de travail était couverte d'abeilles !...)

Puis on procède au découpage de la brèche: sur un cadre de Langstroth on divise en deux pour répartir sur des barettes.


Découpe du cadre Langstroth



Découpage au cutter, la moitié de brèche est posée entre 2 baguettes de bois préparées aux dimensions de la ruche Warré (châtaignier, noisetier, bambou...)
La plume d'oie mouillée sert à pousser les abeilles qui gênent au moment du serrage des baguettes.


Les 2 baguettes de bois pincent la brèche et la retiennent grâce à une ligature.
J'ai abandonné le fil de fer (trop fastidieux) pour des colliers autobloquants. 
C'est du plastique pas terrible mais efficace et surtout bien plus rapide à manipuler.


Résultat final: un élement de ruche Warré avec ses 8 brèches!
Un ruchette Langstroth occupe 2 éléments Warré: soit 8 barettes dans le premier et 2 barettes dans le second.

Couvre barettes et toit :

c'est un plateau qui s'intercale entre le toit et les barettes, accessoire ici indispensable pour éviter le pillage par les autres abeilles. 
( A l'avenir il va falloir poser une grille pour récolter la propolis et remplacer ce couvre cadre par un compartiment avec des aérations et son coussin en paille car nos ruches Warré n'en sont pas pourvues ... )




3 - Installation de la Ruche Warré et de l'essaim

Une fois que tous les cadres ont été sortis, découpés et montés, un à un, dans les éléments Warré, on retourne à l'emplacement de la ruche souche.


A l'emplacement d'origine de la ruchette Langstroth, on place le plancher de la nouvelle ruche (peinture suédoise  bleue) 




Sur cette base, on dépose nos 2 éléments Warrés contenant les barettes préparées dans l'étape précédente.





Un troisième élément warré vide posé au sommet servira "d'entonnoir".

On déverse les abeilles ( brumisées ) restées dans la ruchette Langstroth et vidée de ses cadres.


Enfin, on récupère l'essaim lui-même, la totalité des abeilles réservées dans le bac.
Bonne surprise: au final l'essaim est parfois de la grosseur équivalente à un ballon de basquet, parfois moins...

Quand tout le monde a été déposé dans l'entonnoir, notre 3ème élément Warré,
celui-ci est retiré, on replace le couvre barette et le toit... 
Ouf...




Une fois assemblé, on obtient :

Le plancher en bleu, la porte qui réduit l'ouverture, couleur bois.
Dans l'élément Warré du haut, l'essentiel de l'essaim sur 8 barettes (ou baguettes de bois) avec leurs brèches de couvain, miel et pollen
Dans l'élément Warré du bas, 6 barettes vierges, 2 barettes avec brèches de miel et pollen...
On agrandira l'édifice dès que nécessaire en ajoutant un rucheton.



" Home sweet home "


Bilan

Si c'était à refaire ?
Oui, pas si terrible que ça finalement, une fois l'appréhension dépassée.


Les détails à ne pas louper:

Les délais de livraison des essaims: un mois de retard ...puis les conditions météo...

Météo: le couvain ne doit pas avoir froid durant le changement de ruche, il est stocké sans abeilles pour le maintenir à la bonne température...

Bien préparer les espaces et outils nécessaires. Pas évident parfois sur un terrain en pente.

Pour les premiers essaims, j'ai mis 2 à 3 heures. Au fil des jours, et grâce aux colliers en plastique, j'ai pu les transférer en 1h30.

Il faut revenir plusieurs fois voir l'essaim le jour du transfert, afin de contrôler l'attitude des abeilles. J'ai pu récupérer in extrémis 2 reines hors de la ruche... opopop...

vendredi 16 mai 2014

ABEILLES NOIRES CATALANES - EPISODE 1 - LE TRANSPORT


ABEILLES NOIRES CATALANES


EPISODE 1 - LE TRANSPORT 




" un rucher conservatoire dans le Domaine des Albères qui présente un certain nombre d’avantages d’un point de vue écologique et climatique afin d’y réintroduire et de préserver l’espèce locale : l’abeille noire de Pays..."



Après 4 heures de route voici Villelongue dels Monts, en Catalogne.
Aujourd'hui, nous avons rendez vous au Rucher Conservatoire des Albères... 
C'est le grand jour!




Villelongue dels Monts: petit village, briques rouges, chênes lièges, premiers contreforts des Pyrénées.
Quelques heures pour une pause repas, un peu de tourisme, une sieste et un vide grenier!

 
 




chêne liège                                                                                        





                                                                                              fleur de ciste



lavande sauvage

    




VISITE DU RUCHER PEDAGOGIQUE DES ALBERES



Avant de repartir avec nos ruches, il y aura encore quelques heures d'attentes.
Logique, on ne peut embarquer les ruches qu'à la nuit tombée... heure du retour de toutes les butineuses...

Première rencontre avec Tony et Marie Laure, responsables du Rucher Conservatoire de l'Abeille Noire.

Nous partons dans le petit fourgon à quelques kilomètres, sur le versant montagneux au dessus de chez eux, jusqu'au Rucher Pédagogique.



de droite à gauche: Marie Laure, Tony, Mercutio, Boris



Ruches Warré

 



Intérieur de Ruche Warré Sur 3 éléments,  le miel (3ème élément) est au dessus de l'essaim (2ème élément). 


Un mâle, bourdon noir, qui ne pique pas comme tous ses frères...





Essaimage sur un arbrisseau du rucher.




Observation d'une colonie en Ruche Warré






Intérieur d'un élément Warré 
La ruche est désertée après une invasion de teigne
(un papillon, genre mite, dont les larves dévorent les brèches).





Pièges à essaims en chêne liège


Un piège à essaim traditionnel ...
Un morceau d'écorce de chêne liège placé à l'horizontale, sur un arbrisseau 1 mètre du sol.
Pour attirer l'essaim, une "noix" de propolis est fixée dans l'écorce en dessous.

       



Ruche Kényane



LE RUCHER DES RUCHETTES




Tony nous ouvre une ruchette, et là haut surprise, 
de belles cellules royales...



Mercutio en cosmonaute


Il faut attendre encore la tombée du soleil et le retour des dernières buttineuses.




Allez c'est parti! 
Tony ferme les portes des ruchettes avec des morceaux de mousse 
(" il faut que tu respires "...)
Puis Mercutio et moi chargeons les 20 ruchettes, bigre c'est lourd!
Dans la camionnette, on sangle, on cale le tout sur deux étages.



Voyage retour ... 4 heure de route tranquille tranquille ...



Arrivé à la maison, il est 1h du matin ... Il ne reste plus qu'à décharger.
Epreuve finale: le transport à travers les chemins et sous bois, des ruchettes, une ruchette et une lampe torche !



Et voilà ! On est fourbus, mais on l'a fait! 
Il est ... 3 heure du matin...

Bienvenues à la maison les avettes !



... spécial remerciements:

à J&C de la Rouvière de Cros pour la camionnette épatante,
aux "Amis du Rucher du Pas de l'Ase" qui soutiennent financièrement notre projet,
et enfin à nos amis, parents et (très) proches Mercutio, Alexia et Thomé, 
 sans qui nous n'aurions jamais pu lancer cette aventure !

Boris

- 08 Mai 2014 -





quelques questions ?

Pourquoi des Abeilles Noires "Catalanes" et pas des "Cévenoles" ?

Parcequ'on a pas trouvé de producteurs locaux en Cévennes, qui nous proposaient des essaims hivernés (une reine de 2013) , et des essaims d'abeilles noires "certifiées" / fiables.

Ce n'est pas le même"écotype" que l'abeille noire cévenole ?

Après plusieurs échanges avec des chercheurs et des apiculteurs, nous avons opté pour des abeilles noires d'un écotype "proche", même altitude, régions voisines.
Ce choix nous parait "moins pire", que d'introduire ici une race autre 
(souvent plus productive, ou plus docile...), mais non locale.
Dans 4 générations, il n'y aura plus de différences d'écotypes... un instant....